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Charges du chauffeur VTC et du livreur en France : ce qui réduit vraiment l'impôt
Chauffeur VTC ou livreur en France : abattement micro-BIC de 50 %, charges réelles, carte VTC, assurance, TVA à 10 %, et ce que le statut change vraiment.
La liste des charges d'un chauffeur de plateforme est longue : véhicule, carburant, assurance professionnelle, carte VTC, téléphone, péages, nettoyage. La question qui compte n'est pourtant pas « qu'est-ce qui est déductible », c'est « sous quel régime suis-je », parce que dans le régime le plus répandu, la réponse à la première question est : rien.
Ce guide couvre la France, pour les chauffeurs VTC roulant avec Uber, Bolt, Heetch ou FreeNow, et pour les livreurs de plateforme. Lyft n'opère pas en France. Au Québec et ailleurs au Canada, les règles relèvent de Revenu Québec et de l'Agence du revenu du Canada et diffèrent sur presque tous les points.
En résumé
Un chauffeur VTC ou un livreur en micro-entreprise relève du BIC prestations de services : abattement forfaitaire de 50 %, plafond de recettes de 83 600 € pour 2026 à 2028, cotisations URSSAF de 21,2 % du chiffre d'affaires plus 0,1 % de contribution à la formation professionnelle, le taux des commerçants (autoentrepreneur.urssaf.fr, actualité du 20 février 2026 et « L'essentiel du statut », 2026). Dans ce régime, aucune charge réelle ne se déduit : ni le carburant, ni la location du véhicule, ni l'assurance (impots.gouv.fr, page mise à jour le 16 juin 2026). Les charges ne redeviennent déductibles qu'en société ou au réel, avec une comptabilité complète. Le Rideshare Driver Tax & Mileage Tracker de sheetfolk coûte 11 $ US et sert à suivre ces postes même quand ils ne sont pas déductibles, parce que ce sont eux qui décident du bon régime.
Micro ou société : le seul arbitrage qui compte
En micro, l'abattement de 50 % est votre déduction, la seule. Il est réputé couvrir l'intégralité de vos charges. Si vos charges réelles représentent 35 % de votre chiffre d'affaires, le micro vous avantage. Si elles en représentent 65 %, vous payez des cotisations et de l'impôt sur de l'argent qui ne vous est jamais resté.
En société, SASU ou EURL, ou au régime réel, les charges redeviennent déductibles du résultat : loyer du véhicule, carburant, assurance, entretien, amortissement. Le prix à payer est une comptabilité complète, des obligations déclaratives plus lourdes et un expert-comptable. Cet arbitrage se fait sur un an de chiffres réels, pas sur une intuition.
Les postes de charges d'un chauffeur VTC
À suivre dans tous les cas, déductibles ou non selon votre régime :
| Poste | Ce qu'il couvre | Remarque |
|---|---|---|
| Véhicule | location longue durée, LOA, crédit ou amortissement | souvent le premier poste, de loin |
| Carburant ou recharge | pleins, électricité | à rapporter aux kilomètres pour un coût au km |
| Assurance professionnelle | responsabilité civile professionnelle, obligatoire pour l'inscription au registre VTC | exigée par le registre des VTC |
| Carte professionnelle VTC | examen, dossier, stage de formation continue tous les cinq ans | code des transports, articles R.3120-7 et R.3120-8-2 |
| Entretien et pneus | révisions, réparations, pneumatiques | poste très corrélé au kilométrage |
| Téléphone et forfait | quote-part professionnelle | rarement 100 % en usage réel |
| Péages et stationnement | trajets professionnels | à conserver malgré tout |
| Nettoyage du véhicule | lavages intérieurs et extérieurs | attendu par les plateformes |
| Commissions des plateformes | part prélevée sur chaque course | déjà déduite de ce que vous encaissez |
| Cotisations sociales | URSSAF | à provisionner à chaque encaissement |
| CFE | cotisation foncière des entreprises | non due l'année de création, puis solde au 15 décembre |
Les commissions méritent une attention particulière : ce que vous déclarez est ce que vous encaissez réellement, pas le prix payé par le client. Reprendre la commission comme une charge en plus reviendrait à la compter deux fois.
Les obligations propres au VTC
Conduire pour une plateforme n'est pas une activité libre. L'aptitude professionnelle du conducteur est « constatée par la réussite à un examen » (code des transports, article R.3120-7). La carte professionnelle a « une durée de validité de cinq ans à compter de la date de leur délivrance » (arrêté du 7 septembre 2017 relatif aux cartes professionnelles de conducteur de voiture de transport avec chauffeur, article 2). Tout conducteur est en outre « tenu de suivre, tous les cinq ans, un stage de formation continue » (code des transports, article R.3120-8-2), d'une durée de quatorze heures (arrêté du 11 août 2017 relatif à la formation continue des conducteurs de taxi et des conducteurs de voiture de transport avec chauffeur, article 1er). S'y ajoute l'inscription au registre des VTC tenu par l'État, qui exige une attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle (entreprendre.service-public.fr, fiche R31115, et registre-vtc.developpement-durable.gouv.fr).
Le véhicule doit lui aussi répondre à des critères fixés par l'arrêté du 26 mars 2015, dans sa version consolidée disponible sur Légifrance : ancienneté maximale, nombre de portes, dimensions minimales et puissance minimale, les véhicules hybrides et électriques étant exemptés de plusieurs de ces critères. Vérifiez les valeurs exactes et à jour sur Légifrance avant d'acheter ou de louer un véhicule : elles ont déjà été modifiées.
Les livreurs de plateforme
Un livreur Uber Eats ou Deliveroo est en général micro-entrepreneur en BIC prestations de services, avec les mêmes 50 % d'abattement et les mêmes 21,2 % de cotisations qu'un chauffeur VTC. Il n'a en revanche ni carte professionnelle VTC, ni inscription au registre des VTC à obtenir. Un vélo ne s'immatricule pas, un deux-roues motorisé relève des règles d'immatriculation de droit commun.
Deux points spécifiques méritent d'être connus. L'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi, l'ARPE, organise la représentation des travailleurs des plateformes de mobilité, chauffeurs et livreurs (arpe.gouv.fr). Et le code du travail prévoit, à ses articles L7342-2 et D7342-2, une prise en charge par la plateforme de la cotisation d'assurance volontaire accident du travail souscrite par le travailleur, dans des limites fixées par décret et à partir d'un seuil de chiffre d'affaires réalisé sur la plateforme. Ce n'est pas une couverture automatique et générale : lisez les articles sur Légifrance plutôt que les résumés.
La TVA du transport de personnes
Le transport de personnes relève du taux réduit de 10 % (BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-20-60, sur le fondement de l'article 279 b quater du code général des impôts). Le BOFiP réserve toutefois ce taux au transport proprement dit : certaines formules de mise à disposition avec chauffeur peuvent relever du taux normal.
Vous n'êtes concerné qu'au-delà de la franchise en base : 37 500 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 € (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, version en vigueur au 1er juillet 2026). Le seuil unique de 25 000 € créé par la loi de finances pour 2025, la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, a été supprimé par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 : il ne s'applique pas.
Un exemple chiffré
Chauffeur VTC en micro-BIC, 40 000 € encaissés, sans versement libératoire.
| Ligne | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires encaissé | 40 000 € | |
| Base imposable après abattement | 50 % | 20 000 € |
| Cotisations URSSAF | 21,2 % du chiffre d'affaires | 8 480 € |
| Contribution à la formation professionnelle | 0,1 % | 40 € |
| Charges réelles du véhicule (illustratives) | location, carburant, assurance, entretien | 15 000 € |
| Impôt sur le revenu | selon le barème et votre foyer | à chiffrer |
Le chauffeur est imposé sur 20 000 € alors que ses charges réelles sont de 15 000 €, soit 37,5 % de son chiffre d'affaires : l'abattement de 50 % lui reste favorable. À 22 000 € de charges, la conclusion s'inverserait. Ce basculement ne se voit que si les charges sont suivies, même quand elles ne servent à rien fiscalement.
Questions fréquentes
Puis-je déduire ma location de véhicule en micro ? Non. L'abattement forfaitaire de 50 % remplace toute déduction de charges (impots.gouv.fr, 2026). La déduction n'existe qu'en société ou au réel.
Faut-il suivre ses charges si elles ne sont pas déductibles ? Oui, c'est la seule façon de savoir si votre régime vous coûte de l'argent, et à partir de quel niveau de charges il faut en changer.
Livreur et chauffeur VTC, mêmes règles fiscales ? Sur le plan du régime micro-BIC, oui. Les obligations professionnelles diffèrent : la carte VTC et le registre ne concernent que le transport de personnes.
À quel moment la TVA devient-elle un sujet ? En approchant de 37 500 € de chiffre d'affaires annuel en prestations de services (BOFiP, 2026). Anticipez, la bascule change vos tarifs et vos obligations déclaratives.
En résumé
En France, la liste des charges d'un chauffeur VTC ou d'un livreur n'est pas une liste de déductions : sous le régime micro, c'est une liste de coûts. Elle décide en revanche du bon régime, et donc de votre revenu net réel. Suivez-la, comparez-la à 50 % de votre chiffre d'affaires, et refaites le calcul chaque année avec un professionnel.
Vous voulez un endroit où consigner ces postes et vos recettes par plateforme ? Le Rideshare Driver Tax & Mileage Tracker de sheetfolk coûte 11 $ US en paiement unique. Il est conçu aux États-Unis : la devise est en dollars et la colonne de distance en miles, l'une et l'autre se reformatent pour travailler en euros et en kilomètres. Son onglet de provision calcule un bénéfice imposable à l'américaine, recettes moins dépenses déductibles moins déduction kilométrique. En micro, mettez la cellule du taux kilométrique à 0 et appliquez votre pourcentage au chiffre d'affaires après abattement, jamais au « Taxable Profit » de la feuille. En déclaration contrôlée ou au réel, la logique des dépenses se rapproche de la vôtre, mais la ligne kilométrique doit être mise à zéro ou remplacée par le barème. Il ne connaît ni le plafond de 83 600 €, ni les seuils de TVA français, à ajouter vous-même.
Si les petits coûts récurrents vous échappent entre deux échéances, Spendcull sert à les repérer.
Avertissement : Ceci n'est pas un conseil fiscal : vérifiez avec votre expert-comptable. Les taux, seuils et obligations cités proviennent des sources officielles nommées ci-dessus à la date du 6 septembre 2026 et changent régulièrement. Vérifiez les valeurs en vigueur sur urssaf.fr, impots.gouv.fr, service-public.fr et legifrance.gouv.fr avant toute décision.